L'excellence des métiers d'art

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Au fil du destin

Un fil conducteur pour l'avenir du château

Depuis des siècles, le Grand Est cultive une réputation de terre de savoir-faire. C'est fort de cet héritage qu'il a été décidé faire de l'excellence des métiers d'art le fil conducteur du développement culturel du château de Lunéville. Fondée sur cette tradition et illustrée par la splendeur des appartements ducaux du XVIIIe siècle, cette orientation relie l'histoire du château à la création contemporaine.

Les ambitions du projet

  • Renouer avec la vocation originelle du château : vitrine du meilleur des savoir-faire de toute une région
  • Faire connaître les métiers d'art au grand public et valoriser une exception à la française
  • Mettre en avant le sens, la qualité et la créativité des artisans locaux, régionaux et nationaux
  • Ancrer ces métiers dans le Grand Est et transmettre un patrimoine vivant, hérité et en perpétuelle évolution
  • Participer à l'attractivité du Lunévillois et à son rayonnement international comme terre de création et destination touristique
  • Dialoguer avec le projet scientifique et culturel du musée

Au fil du destin : l'art de la broderie haut de gamme contemporaine

Entre art et design, « Au fil du destin » est le premier grand projet porté par le fil conducteur des métiers d'art. Il consiste en une création textile unique, inédite et participative, imaginée autour du miroir de toilette de la duchesse Élisabeth-Charlotte d'Orléans, une acquisition historique du musée.

Inventorié parmi le mobilier de Lunéville dès 1732, ce miroir compte parmi les très rares objets à l'origine parfaitement documentée. Les recherches en archives ont révélé qu'il était posé chaque matin sur une table modeste, mais drapé d'une riche étoffe qu'il a été décidé de recréer avec un designer de renom, Pierre-Marie Agin. À ses côtés se sont relayés les brodeurs professionnels de la Maison Aimard, des ateliers Vuillaume et du Conservatoire des broderies François-Remy, mettant à l'honneur un savoir-faire emblématique de la ville de Lunéville : la broderie. Ils ont été épaulés par des élèves brodeurs en apprentissage au lycée Paul-Lapie de Lunéville et au GRETA. 
 

Retrouvez l’étoffe dans le parcours du musée, aux côtés du miroir de la duchesse Élisabeth-Charlotte.

Le cartel de Stanislas

En 2026, une pièce maîtresse de l'histoire du château vient de retrouver sa place dans les collections : un cartel ayant appartenu à Stanislas Leszczynski, dernier duc de Lorraine, et étant resté sans entretien depuis la mort du souverain. Le retour de ce cartel marque l'aboutissement d'une restauration d'envergure qui a mobilisé aujourd'hui les mêmes savoir-faire d'exception que ceux qui, il y a trois siècles, avaient donné naissance à l'objet.

Une pièce signée d'un grand nom de l'horlogerie

Ce cartel se distingue par sa marqueterie « en Boulle », associant écaille de tortue et laiton. Il porte la signature de François Richard, horloger incontournable de l'époque de Stanislas, également auteur de la mécanique du célèbre Rocher aux automates des jardins du château.

Conserver sans dénaturer

Trois siècles sans entretien laissent des traces : bois et collages détériorés par une conservation inadaptée (chaleur, humidité), laiton sévèrement oxydé. Plutôt qu'une intervention mécanique abrasive, les restaurateurs ont privilégié une désoxydation chimique douce, à base d'agents chélatants, pour redonner au métal son éclat sans altérer les fines gravures — un équilibre délicat entre conservation et restitution.

Le Mobilier national, un partenaire précieux

Le chantier a bénéficié d'une collaboration avec le Mobilier national, dont les collections conservent une pendule identique ayant gardé sa statuette sommitale d'origine, l'élément manquant à Lunéville. Ce modèle a permis de réaliser une réplique fidèle et de restituer au cartel sa silhouette historique. 

Envie de le découvrir ? Le Cartel de Stanislas rejoint désormais les collections du musée, aux côtés des autres témoins de l'art de vivre à la cour du dernier duc de Lorraine. 

Journées européennes des métiers d'art

Le château s'associe chaque année aux Journées européennes des métiers d'art (JEMA) pour mettre à l'honneur les Entreprises du patrimoine vivant régionales, les artisans d'excellence et les lycées de formation engagés sur ces savoir-faire : broderie, ferronnerie, lutherie, taille de pierre, charpente-couverture, arts verriers... Ateliers de pratique et actions de médiation rythment ce moment fort.